L’HOMME QUI VEUT REVERDIR LA PLANETE

Chercheur en horticulture, amateur de science-fiction et surtout passionné par le monde végétal, Philippe Ouaki Di Giorno pense comme une plante. Ou plutôt, ressent les plantes de l’intérieur, au point de comprendre le processus végétal comme personne, ce qui lui a permis d’inventer une substance aux vertus exceptionnelles.

Enfant, quand un arbre était planté, Philippe ne supportait pas l’idée de devoir attendre des années pour l’admirer une fois adulte. Cette impatience motivera sa première invention : le plantoïde, dont le but était rien de moins que « fabriquer » des arbres centenaires. La méthode consiste à mouler des troncs creux en polyuréthane. Ce squelette est ensuite rempli d’un long complexe racinaire cultivé à partir de boutures ou de culture cellulaire.

Rapidement, cette masse végétale se soude et finit même par coloniser la matière inerte, retrouvant la cohérence globale d’un arbre adulte …  C’est en cherchant à augmenter et à canaliser le développement racinaire que Philippe Ouaki ? inventera une nouvelle substance active : un hydro-rétenteur fertilisant dont les applications s’avèrent i révolutionnaires.

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UN SUBSTRAT ACTIVATEUR DE CROISSANCE

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Ce polymère de cellulose, entièrement biodégradable, réussit à établir avec l’eau et les racines, le même rapport que l’humus ou la terre arable. Il retient l’eau, la rend disponible et aère la terre avec, pour conséquence, des besoins en eau divisés par quatre, et des apports en fertilisants fortement réduits. Résultat: les végétaux poussent mieux et plus vite.

Les impacts sur la culture végétale sont étourdissants et ce produit devrait se développer de façon exponentielle. Utilisé à faible échelle en France, mais aussi au Japon, au Maroc ou en Arabie saoudite, la production est encore artisanale. Notre inventeur est fidèle à ses exigences éthiques. Pour lui, mieux vaut avancer lentement que de vendre son âme au diable.

Pour Rebelle-Santé, il revient sur cette technique et les moyens de la développer.

Rebelle-Santé : Quelle est la particularité de votre invention ?

Philippe Ouaki Di Giorno : La matière que j’ai inventée – que j’ai appelée Polyter – absorbe l’eau, mais ne la relargue pratiquement pas, contrairement aux autres substrats, et ne provoque pas de pourrissement. Plus longtemps elle est dans le sol, plus elle devient caoutchouteuse. Elle peut donc être utilisée dans un sol très sec, elle va conserver l’eau sous forme gommeuse et la plante aura cette eau à disposition.

Une autre particularité du Polyter est que, lors de sa fabrication, on peut y introduire des fertilisants. Une fois en terre, la plante va pomper l’eau et les nutriments, mais en ne consommant que ce dont elle a besoin. Récemment, j’ai vu des agriculteurs dépités après une inondation. Leurs légumes étaient en train de pourrir, car il y avait trop d’eau. S’ils avaient utilisé du Polyter, ils auraient eu un sol beaucoup plus aéré et une masse racinaire plus importante. Car cela produit une oxygénation et une protection au niveau des plantes. On peut considérer que Polyter agit comme des lombrics de synthèse. En se rétractant, il provoque une aération du sol, ce qui augmente la vie bactérienne.

 

Rebelle-Santé : Votre produit est-il totalement biodégradable ?

Philippe Ouaki Di Giorno : Oui, totalement. Au bout de 3 à 5 ans, il est dégradé par les bactéries. Pour des actions de reforestation, on en met une fois au départ et ensuite c’est terminé. Si c’est pour du maraîchage, ce sont des cycles courts, on s’en sert alors de façon minimaliste. Cela optimise les rendements, et diminue les besoins en fertilisant, avec une réduction de 30 à 50 %. La plante devient beaucoup plus résistante. Par exemple, pour la tomate, il faut mettre simplement 2 grammes de Polyter par pied, au début de la culture. Avec 1 kg, on fait 500 pieds de tomates. On réalise des économies et, en plus, on augmente le rendement d’au moins 47 %. Sur certaines cultures, on peut monter jusqu’à 300 % de rendement supplémentaire !

 

Rebelle-Santé : Ces résultats ont été vérifiés sur le terrain ?

Philippe Ouaki Di Giorno : Oui, nous le vérifions à chaque fois. Par exemple, un vignoble en Armagnac a testé mon produit en mettant 10 g de Polyter par pied de vigne. J’y suis retourné deux ans après et les résultats sont extraordinaires. D’abord, il n’y a pas de pieds manquants, ce qui est très rare à l’heure actuelle. Ensuite, ces pieds ont la taille de pieds de quatre ans. De plus, ils sont remplis de grappes, c’est impressionnant. Quand j’ai débuté avec ce produit, j’avais 25 ans d’avance. J’allais voir les municipalités et on me disait qu’elles n’avaient pas de problème, car elles ne payaient pas l’eau. Ensuite, ces mairies sont revenues vers moi, car, avec ma solution, cela permet de diminuer les arrosages pendant l’été et de faciliter l’organisation des congés du personnel. C’est le cas dans la ville de Dax, où le service des espaces verts n’arrose désormais qu’une fois par semaine, au lieu de quatre auparavant.

 

Rebelle-Santé : Quelles sont les autres applications de votre produit ?

Philippe Ouaki Di Giorno : Il y en a beaucoup. Avec ce système, on peut planter dans des zones polluées. Comme sur le site des anciennes mines de nickel en Nouvelle-Calédonie, qui sont bourrées de métaux lourds, et où rien ne pousse. Avec le Polyter, j’ai 100 % de réussite, et les arbres poussent trois fois plus vite que dans un sol non pollué ! En un an, nous avons obtenu des arbres qui mesurent 1,80 m, avec des fleurs et des fruits. Comme la masse racinaire est cinq fois plus volumineuse, le sol est déjà stabilisé.

Je travaille aussi sur des aspects énergétique  et informationnels de la matière. Car le substrat que j’ai créé n’est pas inerte. En fait, il donne de l’énergie, cela a été mesuré par des radiesthésistes. Il augmente le niveau vibratoire de la plante et l’énergie au niveau racinaire. Dans les zones où il pleut, la plante est protégée. Ou encore au Maroc – un film a été réalisé sur le sujet-, certaines personnes ont essayé le Polyter sur des oliviers, mais en multipliant par trois les doses. En six ans, ils ont obtenu des arbres qui avaient plus de 50 cm de diamètre et 6 m de haut. Normalement, il faudrait 70 ans pour avoir un arbre de cette taille-là! On peut retrouver cette expérience dans le 12/45 de M6, visible sur YouTube.

 

Rebelle-Santé : Cela devrait révolutionner l’arboriculture …

Philippe Ouaki Di Giorno : Cela va tout révolutionner. J’ai des exemples aussi sur le cacao , sur le café et, à chaque fois, c’est le même effet qui est produit. On est dans une autre dimension.

 

Rebelle-Santé : Pour développer votre produit, vous vous méfiez des grands groupes …

Philippe Ouaki Di Giorno : Je suis très méfiant. Quand on a une technologie qui permet d’économiser 30 à 50 % d’engrais, les groupes qui font de l’engrais considèrent qu’on leur enlève le pain de la bouche. Mais ce n’est pas vrai. Je commence à établir des partenariats avec des sociétés qui font de la fertilisation. Pendant des décennies, ils ont fonctionné comme des vendeurs d’aspirateurs : il fallait fourguer un maximum d’engrais aux agriculteurs, sans prendre en compte les plantes, ni même les agriculteurs. La seule chose qui les intéressait, c’était le montant de la facture. Ils ont compris qu’ils ne pouvaient plus continuer comme ça… Les sols sont malades et saturés. L’association avec le Polyter va leur permettre de repenser leurs ventes, mais d’une façon intelligente. Il faut apporter la vraie quantité au sol pour les plantes, mais pas pour que ce soit bloqué ou lessivé par les pluies. De cette façon, on peut développer des sols considérés comme impropre à la culture. Il va donc y avoir des surfaces beaucoup plus importantes à cultiver. Mais de façon intelligente, respectueuse de l’environnement et des besoins du végétal.

 

Rebelle-Santé : Pensez-vous aussi à l’agriculture biologique ?

Philippe Ouaki Di Giorno : Le problème, c’est que le bio ne veut pas entendre parler de technologie ou de science. Si je fais de la chimie organique, c’est considéré comme un produit transformé, donc ce n’est pas naturel et ça ne pourra pas bénéficier du label bio. Polyter se situe entre les deux : entre la production chimique et la production bio. Le but est de faire des cultures bio, mais en introduisant une technologie qui est saine. Pour moi, c’est le bio d’avenir.

 

Rebelle-Santé : Pourquoi refusez-vous de vendre vos brevets ?

Philippe Ouaki Di Giorno : Je suis pour le capitalisme éthique. Je considère que si on veut développer notre planète, il faut qu’il y ait une économie d’échanges, respectueuses de son prochain et de notre environnement. Ce n’est pas malsain de faire de l’argent, mais il faut le faire différemment. Alors que les grands groupes ont une économie mortifère, c’est-à-dire aux dépens des autres. Pour moi, cette approche est terminée. On ne peut plus continuer comme ça. Il faut trouver une économie qui permette de créer de la richesse. Avec le Polyter, je peux stabiliser des populations, développer de l’agriculture avec des quantités moindres d’eau.

 

Rebelle-Santé : Comment faire pour que votre produit soit disponible au plus grand nombre ?

Philippe Ouaki Di Giorno : J’aimerais me développer sans vendre mon âme, et aussi pérenniser cette invention. Ça prend plus de temps que si j’avais accepté n’importe quoi.

 

Rebelle-Santé : Vous avez déjà une usine, est-ce suffisant ?

Philippe Ouaki Di Giorno : En France, je fabrique jusqu’à un certain volume. Quand le marché sera mûr, il y aura des possibilités de mettre en place des partenariats pour monter des usines un peu partout, là où c’est utile.

Aujourd’hui, je recherche des fonds, mais des fonds sains, pour me permettre de créer une plate-forme de distribution sur le plan mondial. À moyen terme, je souhaite créer une fondation pour développer des programmes participatifs, où des gens financeraient des développements pour planter des arbres, pour installer des jardins vivriers dans différents pays, etc. J’ai aussi mis au point des techniques pour recréer des sols à partir de rien. C’est une production de compost organique, mais avec des méthodes technologiques. L’idée est d’associer tous ces concepts pour obtenir une autre agriculture.

 

Propos recueillis par Christophe Guyon

 

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